Personnalité Afro ⭐

Viola Desmond:

La bravoure d’une héroïne posthume

La contribution des minorités raciales et plus particulièrement des  Noirs dans le développement du Canada, reste à étudier. Encore de nos jours, beaucoup dans notre pays ignore que les Africains (en la personne de l’interprète et explorateur Mathieu  da Costa) sont arrivés au Canada  avant les anglais et que ceux-ci ont pris part activement à la construction et au développement du Canada. 

Dans cet article, nous voulons apporter notre modeste contribution à ce sujet, en reprenant les écrits parlant d’une des militantes (de premières heures) des droits de la personne humaine dans notre pays. Elle, c’est Viola Desmond, la brave héroïne des années 1940 qui a défié les pratiques de ségrégation raciale, qui ont existé et continuent d’exister dans notre beau et grand Canada.

Viola Desmond 10 dollar bill

Viola Desmond sur le billet de 10$ Canada en reconnaissance de sa lutte pour les droits de la personne humaine

Symbole de ralliement des Néo-Écossais Noirs

Viola Desmond a attiré l’attention des Canadiens sur les inégalités et l’injustice que subissent une partie des citoyens de ce pays. Selon le site internet de Parc Canada, dans le milieu du XXe siècle, la jeune entrepreneure Afro-Canadienne s’oppose au racisme quotidien dont sont victimes les Néo-Écossais noirs, en refusant de s’asseoir dans la section ségréguée d’un cinéma à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse. C’était en 1946. A ce titre, elle a été la toute première Canadienne à défier l’autorité en refusant de quitter la section réservée aux Blancs dans ce cinéma de New Glasgow. Incarcérée et condamnée à une amende, cette femme d’affaires devient une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale au Canada mais peu connue dans le monde.

Après son arrestation et sa condamnation, fondée sur des accusations frauduleuses pour cacher la discrimination raciale, elle conteste la décision en cour avec l’aide de la Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People (NSAACP). Désormais un symbole de la lutte pour l’égalité des droits, la révolte de Viola Desmond contre l’injustice a été un cri de ralliement pour les Néo-Écossais noirs et les Canadiens déterminés à mettre fin à la discrimination raciale.

La jeune entrepreneure….

Rappelons que Viola Desmond est née le 6 juillet 1914 à Halifax au sein d’une famille multiraciale de classe moyenne. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle travaille comme enseignante dans des écoles fréquentées par des Noirs, l’une des rares possibilités d’emploi auxquelles elle a accès. Puisque les femmes noires en Nouvelle-Écosse ne peuvent ni fréquenter un salon de beauté ni étudier en soins de beauté (coiffure, cosmétique ou fabrication de perruques), elle fréquente des écoles à Montréal, à New Jersey et à New York. Diplômes en main, elle ouvre un salon de beauté et, ultérieurement, une école en soins de beauté à côté du salon de coiffure pour hommes de son mari, Jack Desmond, à Halifax. Étant entrepreneure, elle acquiert une autonomie financière et devient un modèle et un mentor pour les Afro-Canadiennes grâce au succès de ses entreprises, lesquelles comprennent la vente de produits de soins de la peau et pour les cheveux aux femmes noires, produits auxquels les Néo-Écossaises n’avaient pas accès auparavant.

Combattante pour la justice et l’équité sociales…

Pour revenir à la petite histoire où Viola a montré sa bravoure, c’est le 8 novembre 1946, pour un voyage d’affaire à Sydney (Nouvelle Écosse), la jeune entrepreneure eut des problèmes mécaniques avec sa voiture. Ce qui l’oblige a passé la nuit à New Glasgow. Elle décide alors de se rendre au cinéma (Roseland Theatre) où les sections de sièges sont ségréguées selon la couleur de la peau. Lorsqu’on lui demande de s’asseoir à l’endroit (parterre) réservé à ceux ayant la même couleur de peau comme elle, elle refuse. Elle est expulsée de force du cinéma, arrêtée et emprisonnée pour la nuit. Le jour suivant, elle est accusée, jugée puis condamnée pour évasion fiscale. Ce chef d’accusation, fondé sur la différence d’un cent en taxe entre le prix d’une place au parterre et d’une place au balcon, est la seule infraction à la loi pouvant être invoquée pour justifier sa détention.

Les blessures physiques, l’humiliation et l’injustice subies par Desmond provoquent l’indignation de la communauté noire néo-écossaise. La NSAACP, nouvellement formée, décide de s’occuper de cette affaire et embauche un avocat pour contester la condamnation devant les tribunaux. Bien qu’ils ne réussissent pas à annuler la condamnation, l’affaire devient un cri de ralliement pour les Néo-Écossais noirs qui veulent mettre fin à la discrimination dans leur province.

Pour un héritage prestigieux

À travers cet acte, madame Desmond a montré son intrépidité, sa bravoure et son opiniâtreté à se battre pour les causes nobles comme celle de la justice humaine.  Décédée le 7 février 1965, Viola Desmond a été réhabilitée par sa province natale (la Nouvelle Écosse) en avril 2010 avant d’être choisie parmi 461 « Canadiennes remarquables » pour figurer sur le billet de dix dollars canadiens en 2018.

Aujourd’hui encore, des codes non écrites constituent des obstacles pour l’épanouissement des personnes de couleur et des minorités dans le Canada moderne. Des obstacles difficiles à prouver comme le profilage raciale, les blocages pour les promotions professionnelles, les reconnaissances sociales, les dénigrements, les insultes à caractère raciste, les préjugées etc. donnent un caractère « non-officiel » au racisme en cours dans notre pays le Canada et donc difficile à combattre. D’autres peuples comme celui des Premières Nations par exemple, continuent d’être traités comme des citoyens de seconde zone. L’héritage prestigieux de Madame Viola Desmond, est pour nous de poursuivre ce noble combat pour la justice et l’équité sociales. 

Sources : 

https://www.britannica.com/biography/Viola-Desmond/Trial consulté le 17/01/2021 @ 19:05

https://www.pc.gc.ca/fr/culture/clmhc-hsmbc/res/information-backgrounder/Viola_Desmond consulté le 17/01/2021 @ 19:00

 

Sovi L. AHOUANSOU

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